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Through the eye of Mister Zen

Jérôme Minière à la Tulipe: électrosensibles s’abstenir

Toma Iczkovits
19 décembre 2010

Jérôme Minière / Photo: Toma Iczkovits (Msieur Zen)

Jérôme Minière n’a pas fini de nous faire craquer. Le petit cosmonaute nous a servi tout un repas musical, vendredi dernier à la Tulipe, avec son plus récent album « le Vrai, le Faux ». Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les Pierre Lapointe et les Ariane Moffatt de ce monde se sont déplacés pour prendre place dans le public.

En première partie, l’extravagant Ngâbo a accompli sa mission avec brio, en réchauffant une foule distante et ingrate. L’artiste montréalais d’indi rock avec des échos punk-africains, protégé du label la Tribu et de Jérôme Minière, s’est annoncé avec des rythmes endiablés partagés entre les percussions du chanteur Ngâbo Kiroko et la guitare d’André Ouellet. La prestation fût courte, mais intense.

Jérôme Minière, lui, s’avère être tout un personnage, au sens sympathique du terme, bien sûr… Son univers nous conduit de la féérie à la nostalgie, en passant par la contemplation cynique du quotidien moderne.

Ses textes n’ont rien de révolutionnaire. Naïfs, abstraits et poétiques, ils n’en restent pas moins efficaces. Comment résister à la touchante simplicité de l’air d’« Avril » et à la multitude de jeux de mots qui en découlent?

Malgré sa timidité, son hésitation et sa fébrilité contagieuse, Jérôme Minière assure une remarquable présence sur scène. Entre les morceaux, il raconte de drôles d’histoires. Il est appuyé par des projections animées ingénieuses, réalisées par Marie-Pierre Norand, qui servent également à la promotion de l’album.

Bien qu’il fasse la promotion de son nouvel album « le Vrai, le Faux », Jérôme Minière n’a pas hésité à ressortir ses bons coups du passé pour faire chanter la foule. Celle-ci a apprécié « La jeunesse est vieille comme le monde » ou encore « Histoire d’espions ». Mais c’est sans aucun doute avec « Le magasin qui n’existe pas » que Jérôme a atteint le summum de la tension émotive. Il s’agit d’un tendre clin d’œil à  Lhasa de Sela, « le plus beau sourire du monde », pour qui il a composé la chanson quelques temps avant son décès.

Finalement, il faut admettre qu’en plus d’avoir des choses à dire, Jérôme Minière a tout prévu pour réussir. Il s’est entouré des meilleurs: Alex McMahon aux claviers, Denis Ferland à la guitare, José Major à la batterie. Les trois sont des musiciens d’envergure et ça se ressent jusque dans les échanges de regards complices.

Ngâbo Kiroko / Photo: Toma Iczkovits (Msieur Zen)

Jérôme Minière / Photo: Toma Iczkovits (Msieur Zen)

José Major, batteur pour Jérôme Minière, mais aussi auteur-compositeur-interprète avec Le Band Joe./ Photo: Toma Iczkovits (Msieur Zen)

André Ouellet, accompagnant Ngâbo à la guitare/ Photo: Toma Iczkovits (Msieur Zen)

Ngâbo Kiroko/ Photo: Toma Iczkovits (Msieur Zen)

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Parce que, faute de salaire, on se nourrit de commentaires.

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