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Through the eye of Mister Zen

Femi Kuti: l’enfant de l’afrobeat est de retour à Montréal

Toma Iczkovits
10 avril 2011

Femi Kuti, maître incontesté de l’afrobeat, se fraye un parcours singulier sur les traces de son père. Le chanteur nigérian sera de passage sur la scène de l’Astral, le 20 avril prochain, pour présenter son plus récent album, Africa for Africa, le sixième à son actif depuis le début de sa carrière solo.

Pour ceux qui l’ignorent, l’afrobeat est un joyeux mélange de jazz, de funk et de musique traditionnelle nigériane (plus particulièrement d’influence yorubas et highlife). Le style a émergé des milieux populaires de Lagos, l’ancienne capitale nigériane des années 60, avant de conquérir la scène world internationale.

Enfant de l’afrobeat

Même si Femi Kuti a trouvé une voie qui lui est propre dans l’univers musical africain, il est impossible de passer sous silence l’influence artistique qu’a exercée son père, Fela Anikulapo Kuti, politicien, saxophoniste et chanteur qui est à l’origine du fameux courant musical appelé « afrobeat ».

Femi Kuti a longtemps collaboré à l’œuvre grandiose de son père, pour finalement se lancer seul avec un premier disque, Wonder, Wonder, en 1995. Il n’a pas cessé depuis de surprendre en explorant et en renouvelant différentes variantes du style inventé par son père, reprenant les thèmes militants qui leur sont chers à tous les deux.

Le combat continue

Comme son père, Femi Kuti n’a pas la langue dans sa poche et utilise la musique pour militer, la politique étant omniprésente dans  ses œuvres.  Ses textes, anglophones pour la majorité, lèvent le voile sur la réalité socio-politique nigériane et africaine. Il y dénonce autant les dirigeants locaux corompus que l’emprise des multinationales sur les décisions de gouvernance, le dernier album n’y faisant pas exception.

Ceci dit, sa musique est loin d’être sombre. Colorée et rythmée, l’afrobeat se prête très bien aux chants d’espoir. Elle constitue une bande sonore toute désignée pour incarner le vent de changement.

Des attentes immenses

D’album en album, l’enfant de l’afrobeat a mûri et s’est taillé une place bien méritée au panthéon des artistes africains qui brillent sur la scène internationale. Avec l’album précédent, Day by Day, sorti en 2008, la carrière de Kuti a atteint un summum en charmant unanimement autant ses fans que les critiques. L’album, produit dans un studio parisien, trouvait un équilibre d’ambiance fort intéressant entre les rythmes africains et l’univers jazz occidental.

On ne change pas une formule gagnante, Femi Kuti l’a bien compris. Depuis le début de sa carrière, il ne fait confiance qu’au producteur français, ingénieur du son et ami de son défunt père, Sodi, pour réaliser ses albums.  Sodi, dont la réputation n’est plus à faire, a notamment travaillé avec les Négresses Vertes, la Mano Negra, IAM, les Têtes raides et, avec Fela Kuti, bien sûr.

Africa for Africa est donc une généreuse continuation de Day by Day et répond très bien aux attentes. Femi Kuti a cependant choisi de ne pas renouveler l’expérience des studios d’enregistrement parisiens et est retourné aux bons vieux studios africains. C’est donc un retour aux sources qui caractérise le nouvel opus, ce qui ne manquera pas de plaire aux fans de longue date.

On aura beau avoir la chair de poule en écoutant les chansons « Day by day » ou « Obasanjo Don Play You Wayo », on imagine à peine la chaleur et l’énergie qui peut s’en dégager sur scène lors de la prestation d’une chanson comme « Africa for Africa ». À voir!

Femi Kuti & The Positive Force
Le mercredi 20 avril 2011 à 20h
L’Astral (Maison du Festival Rio Tinto Alcan)
Prix du billet: 32,47$

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Toma Iczkovits

Parce que, faute de salaire, on se nourrit de commentaires.

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