BangBang : bangbangblog.com

Through the eye of Mister Zen

Osheaga: le talent dans le ventre de la méga-machine

Toma Iczkovits
1 août 2011

Je ne suis pas adepte de méga-festival, de foules denses, de bousculades et d’interminable attente pour des groupes qu’on va voir simplement parce que c’est au programme… J’ai tout de même plongé dans l’aventure Osheaga pour un week-end, incapable de résister à l’appel du combo photo-musique. Compte rendu de trois journées de rock.

Les médias le répètent depuis quelques semaines, le festival Osheaga jouit d’une réputation qui ne cesse de croître d’année en année, autant chez les artistes que chez les spectateurs, LE festival à ne pas manquer. Difficile d’ignorer l’immensité de la machine qui se développe lorsqu’on est chroniqueur culturel…

Le première journée s’est avérée plutôt décevante. Sous un soleil de plomb, entouré d’apôtres d’Eminem, la circulation était presque impossible autour des grandes scènes et les rares points d’eau assaillis par les spectateurs assoiffés, faisant la file à n’en plus finir pour ne pas payer une bouteille d’eau à gros prix. Dans ces conditions, seul Kid Koala a su me convaincre d’affronter la masse hostile à casquettes retournées. Il y a offert une prestation sympathique vêtu d’un habit de koala, malgré la chaleur.

Kid Koala

L’air était bien plus respirable du côté de la scène du Piknic Electronic. Alaclair Ensemble y a fait une prestation fort remarquée, dynamique, comme toujours. On se demande où ils puisent l’énergie pour sautiller ainsi pendant une heure. Comic Strip les a suivis, un duo français bien sympa aux paroles humoristiques, à découvrir.

Samedi, c’est Karkwa qui s’est démarqué en fin d’après midi, en offrant une prestation sincère dans un décor épuré du méga-stage. Heureux étaient les spectateurs car ils étaient peu nombreux sur le site à 17h40, ce qui leur a permis d’apprécier d’autant plus confortablement le spectacle.

Karkwa

Le clou de la soirée a été Ratatat sur la scène verte. Le duo a offert un spectacle électrisant devant une foule visiblement bien trop nombreuse pour l’aménagement. Doté d’un grand projecteur et de toutes sortes de laser et d’effets spéciaux, les deux musiciens en ont mis plein les yeux, alors que le soleil se couchait.

Ratatat

De retour sur la méga-scène en fin de soirée, je n’ai pu que me désoler de voir la légende du rock, Elvis Costello, ne réunissant que quelques centaines de spectateurs, alors qu’au même endroit, le soir d’avant, Eminem en réunissait plus de 30 000.

Cypress Hill

Pour le dernier jour, c’est Cypress Hill qui aura eu toute mon attention. Je ne suis pas un grand fan de hip hop américain, mais ce groupe aura marqué de manière mythique mon adolescence. Prestation fort réussie du groupe qui aura démontré autant sinon plus d’attitude qu’Eminem.

Alors que beaucoup de fans hallucinaient de voir les magnifiques effets spéciaux de Flaming Lips, sur la grande scène, j’ai plutôt décidé de finir le festival avec les tout aussi hallucinants MSTRKRFT.

Le talent est présent à Osheaga, il n’y a pas à dire. Le festival a le vent dans les voiles, cette année encore.

Par contre, le festival grandit sans cesse depuis sa création, il y a 6 ans, et ça se ressent. Les organisateurs cherchent à atteindre un maximum avec le moins possible. Le festival multiplie les commanditaires pour rentabiliser chaque tête de spectateur. On leur offre des produits au passage; la nouvelle saveur de gomme à mâcher, le nouveau Sprite, le nouveau parfum, etc…

Ça peut être intéressant si ça permet de rendre le festival plus accessible, mais à voir le prix des billets, ça n’est définitivement pas le cas… On verra l’an prochain si les spectateurs seront encore au rendez-vous!

Les galeries complètes sur:  http://tomaphotographe.com

Pas encore de commentaire.

Through the eye of Mister Zen

Toma Iczkovits

Parce que, faute de salaire, on se nourrit de commentaires.

À propos