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Through the eye of Mister Zen

Clôture de l’Igloofest: records d’affluence, de boue et d’allégresse

Toma Iczkovits
31 janvier 2012

La sixième édition de l’Igloofest s’est conclue dans la joie et dans la boue, samedi soir, alors que la température avait des allures de printemps. De nouveaux records d’affluence ont été annoncés, après une fin de semaine complète à guichets fermés.

La file fébrile et désespérée qui aura causé tant de frustrations la semaine dernière a disparue et il ne restait plus qu’à se faire fouiller les habits de neige quelques secondes avant d’entrer dans le sanctuaire de la techno hivernale.

L’effet du redoux

Les températures douces du week-end (jusqu’à 5 degrés Celsius, bien au-dessus des normales de saison) expliquent, en partie, pourquoi le festival tant convoité a connu un succès inégalé au cours de ces derniers jours, portant à 70 000 le nombre de billets vendus cette année (10 000 de plus que l’an dernier).

Le redoux ne comporte cependant pas que des avantages. On aura beau sacrer après l’hiver et après les engelures qu’il cause, tous ont été forcés de constater que les températures clémentes n’apportent pas nécessairement la féérie impérative à ce type d’événements. Des flaques d’eau formées un peu partout sur le site empêchaient quelques danseurs soucieux de leurs habits propres de se laisser porter librement au rythme de la techno.

Les vrais de vrais, eux, ne s’en soucient guère et font du bodysurfing, peu importe la météo. On les reconnaissait aux traces de boue qui montent jusqu’à leur genoux.

Spectacle de clôture

Le spectacle de clôture a été confié au tandem allemand Marcel Dettmann et Ben Klock. « Le nec plus ultra de la techno allemande » écrit Alain Brunet, dans La Presse. Pour ma part, je découvrais et ça ne m’a pas totalement convaincu.

Alors que la foule s’agitait tout au long de la performance qui aura duré presque quatre heures, les rythmes m’ont semblé plutôt fades. Il faut dire que mon « nec plus ultra de la techno allemande » à moi serait plutôt Paul Kalkbrenner, dans un style de techno plus introverti, voire ésotérique. Les deux DJs berlinois ne détiennent pas cette sensibilité, offrant un techno plus gras et cru, mais qui a tout de même fait bouger la foule comme aucun autre cette journée-là.

Enfin, il en faut pour tous les goûts. Je me souviens que l’an dernier, la prestation de Ghislain Poirier m’avait complètement renversé, alors que c’était loin de faire l’unanimité au sein du grand public, qui reprochait au festival d’offrir une fin beaucoup trop Hip Hop.

Le Plan d’avenir

L’Igloofest nous reviendra, très certainement, l’an prochain. Va-t-il agrandir / réaménager / déménager pour grandir et accueillir toujours plus d’amateurs? L’équipe de production reste muette sur la question, pourtant pressante lorsqu’on voit le nombre de spectateurs refoulés faute de place.

Entre les Quais du Vieux-Port à l’ouest et les installations permanentes du Cirque du soleil à l’est, on voit mal comment un agrandissement pourrait être possible. Pour ce qui est du déménagement, la question devient délicate maintenant que les habitudes ont été instaurées au Vieux-Port.

Un déménagement risque de défigurer une recette gagnante et faire dire aux amateurs d’événements underground que « Ça y est, c’est inévitablement devenu trop gros pour être cool ».

Qui vivra verra.

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Toma Iczkovits

Parce que, faute de salaire, on se nourrit de commentaires.

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