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Through the eye of Mister Zen

Leloup de retour en pleine forme

Toma Iczkovits
5 février 2012

Il l’a prouvé vendredi en offrant une prestation énergique pendant plus de deux heures… oui, oui… Je vous l’assure, il existe bel et bien un Jean Leloup souriant et de bonne humeur!


La dernière supplémentaire de la tournée Electric Voddo Night de Jean Leloup et des Last Assassins devait normalement se dérouler le 9 décembre 2011, avant d’être reportée, pour une raison médicale qui n’a pas été précisée. Il n’en fallait pas plus pour lancer la machine à rumeurs.

C’est que le chanteur québécois à la carrière presque trentenaire a  habitué ses fans à ses gestes d’éclat, ses errements et son ingratitude, au fil des dernières années. Et quand Leloup est de mauvaise humeur, ça se ressent rapidement sur sa performance… On a fini par se dire que ça fait partie du personnage et son public le pardonne aveuglément.

On se souvient même que dans son album Live Exit (2004), on peut l’entendre carrément engueuler son public indiscipliné à qui il reproche de ne pas chanter dans le beat.

C’est pourtant un Jean Leloup détendu, amoureux (?) et sage qui s’est présenté au microphone, devant une foule hystérique. Sage, c’est vite dit, car l’idole de la génération X est monté sur scène une clope allumée au bec, qu’il a raccroché sur sa guitare. Une provocation gainsbourienne, qui a eu pour effet d’encourager le public à allumer à son tour cigarettes et joints. La sécurité n’a pas bronché.

Ne me méprenez pas, je suis pour la Loi anti-tabac. Mais il y a eu un agréable vent de liberté qui a soufflé sur le Métropolis, dès le début du spectacle. Interdit brisé ou nostalgie de l’ambiance des spectacles rocks d’avant, la soirée s’annonçait spéciale.

Vrai, les nouvelles chansons de Leloup avec les Last Assassins sont loin d’être renversantes et semblent encore méconnues du public. Celui-ci a eu droit à un melting-pot regroupant un équilibre entre ses différentes époques; de l’album Menteur (1989) avec Laura, à Milles Excuses Milady (2009), entre autres avec la magnifique pièce Les moments parfaits, sans oublier le coeur de sa carrière : L’amour est sans pitié (1991), Le Dôme (1996), Les Fourmis (1998) et La Vallée des réputations (2002).

Sans première partie et avec un petit entracte de 15 minutes (sous les conseils de son médecin a-t-il blagué avant de s’éclipser), la soirée a eu des allures d’anthologie, comme si le chanteur souhaitait tirer sa révérence, une fois de plus pour se mieux réincarner.

Même si certains spectateurs disent ne pas avoir beaucoup apprécié le mélange de genre un peu chaotique, je ne crois pas que Jean Leloup ait pu offrir de plus beau cadeau à ses fans que de se faire plaisir à lui-même, de se détacher de ses frustration et de s’amuser. Après plus de 2 heures d’intense performance, le chanteur qui a fêté ses 50 ans en 2011, peut aller raccrocher chapeau et guitare en se disant « mission accomplie »… jusqu’au prochain album!

Pas encore de commentaire.

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Toma Iczkovits

Parce que, faute de salaire, on se nourrit de commentaires.

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